Baisse des aides au logement de 5 euros : « Une provocation pour 6,5 millions de personnes »

Pour la CLCV, il est scandaleux d’aborder la question des économies budgétaires en s’attaquant aux populations les plus modestes…

Ce samedi 22 juillet, le ministère de la Cohésion des territoires a confirmé la baisse de 5 euros par mois des allocations logement, parmi lesquelles figure l’APL, à compter du 1er octobre 2017. Depuis, plusieurs ONG et associations ne décolèrent pas. C’est le cas de l’association de défense des consommateurs CLCV qui voit là, la première attaque sur les revenus des plus modestes, et une mesure qui annonce la non indexation des aides au logement pour 2018. L’association Consommation Logement et Cadre de Vie rappelle, en effet, que de par la loi, ces aides doivent être revalorisées en fonction de l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL). A défaut, l’association attendrait du gouvernement un gel des loyers pour l’année à venir.

Pour l’association, tout indique, au contraire, une volonté de casser le système des aides au logement en place depuis 1977, sous prétexte de leur caractère inflationniste. L’association conteste totalement cet argument en indiquant qu’il suffit de comparer dans le temps la dégradation du caractère solvabilisateur de l’aide au logement : Ainsi, en 1977, on pouvait toucher une aide au logement avec des revenus inférieurs à 1,7 SMIC, alors qu’à ce jour cette même aide est octroyée à des ménages dont les revenus sont inférieurs à 1,02 SMIC. De la même façon, on constate que le loyer moyen des allocataires a progressé de 35 % depuis 2000, alors que le loyer plafond des aides n’a progressé que de 17 %.

Toujours pour l’association, si nous constatons ces dernières années une évolution en masse du montant des aides au logement (APL, ALF, ALS), c’est qu’il y a tout simplement une augmentation notable du nombre de bénéficiaires, liée à la montée dramatique de la précarité dans notre pays. A titre d’exemple, 500 000 allocataires de plus entre 2010 et 2016. Si leur nombre augmente, c’est parce que le montant des retraites est insuffisant, le nombre de personnes sans emploi explose et le revenu des travailleurs précaires ne leur permet plus de vivre décemment de leur travail.

Pour la CLCV, s’il y a des ajustements à faire en matière de politiques de logement, il convient de suivre l’avis de la Cour des comptes qui préconise de supprimer les dispositifs fiscaux d’encouragement à l’investissement immobilier locatif pour un coût annuel de 2 milliards d’euros. La Cour des comptes qui s’interroge également sur l’efficacité de la TVA à 5,5 % (au lieu de 20 %) lorsqu’il s’agit de réaliser des travaux dans un logement achevé depuis plus de 2 ans, ce qui correspond à une dépense publique de 5,2 milliards pour seulement 127 000 emplois créés : « Ce ne sont que deux exemples des possibilités d’économies potentielles dont l’existence n’est liée qu’à la puissance des lobbies du bâtiment ».

La CLCV interpelle directement le Président de la République, les membres du Gouvernement et les élus En Marche :

« Au moment où le gouvernement envisage de baisser de façon notable l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il est pour la CLCV scandaleux d’aborder la question des économies budgétaires en s’attaquant aux populations les plus modestes. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les élus d’En Marche, il ne semble pas que vous ayez été élus pour cela ».

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