Les maires de Dijon, Chenôve et Talant écrivent aux ministres de l’intérieur et de la justice

Une lettre commune qui fait suite aux violences urbaines survenues dans leurs communes en marge des festivités du 14 juillet…

À l’occasion de la Fête nationale, près de 86 000 policiers et gendarmes, renforcés par les 7 000 militaires de l’opération « Sentinelle », ainsi que 44 000 sapeurs-pompiers ont été mobilisés les 13 et 14 juillet pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire. Cette mobilisation n’a pas empêché l’augmentation du nombre de véhicules brûlés par rapport à l'année dernière. Un total de 897 voitures ont été brûlées et 368 personnes placées en garde à vue lors des soirées du 13 et du 14 juillet, d'après des informations fournies le 15 juillet par le ministère de l'Intérieur. Celui-ci a en outre jugé que l'importante mobilisation des forces de l'ordre avait permis de limiter le nombre d'incidents.

Le nombre de voitures brûlées est en très légère hausse par rapport à l'an dernier, où 855 véhicules avaient pris feu tandis que celui des gardés à vue, 368, est en baisse par rapport aux 577 de l'an dernier.

13 fonctionnaires et militaires ont été blessés au cours de ces deux dernières nuits, notamment à Sevran en Seine-Saint-Denis, dans la nuit du 14 au 15 juillet, où un policier a été « roué de coups » lors d'une intervention avant de faire usage de son arme à huit reprises pour se dégager et de blesser un homme de 18 ans.

L’agglomération dijonnaise n’a pas échappée à ces phénomènes traditionnels de violences urbaines. Aussi François Rebsamen, maire de Dijon, président de Dijon Métropole, ancien Ministre, Thierry Falconnet, maire de Chenôve, vice-président de Dijon Métropole, et Gilbert Menut, maire de Talant, conseiller de Dijon Métropole, ont adressé le mardi 18 juillet dernier un courrier à Madame la Ministre de la Justice et à Monsieur le Ministre de l’Intérieur, suite aux incidents nocturnes survenus à Dijon, Chenôve et Talant, lors des festivités du 14 juillet dernier.

On y apprend que sur la métropole dijonnaise, plus d'une dizaine de voitures ont été incendiées ainsi que des containers poubelles. Les trois élus constatent que le nombre de incivilités est chaque année en hausse malgré les moyens que les communes mettent en œuvre sur le plan de la prévention, en lien avec les bailleurs sociaux. Ils rappellent que si Dijon, comme d'autres villes, a décidé d'augmenter fortement son effectif de policiers municipaux, « pour autant, leurs missions ne sauraient se substituer à celles des agents des forces de l'ordre qui, par leur présence, répondent au devoir fondamental de l'État d'assurer la sécurité de nos concitoyens ».

En outre, les trois maires s’inquiètent sur le ressenti de la population concernant le traitement que la justice réserve aux auteurs de ces actes : « le traitement pénal des faits incriminés est une source de grande interrogation et d'incompréhension montante » indiquent-ils avant d’ajouter : « l'exaspération de nos concitoyens ne cesse de grandir à mesure que les pétards de gros calibres en vente libre sur Internet sautent ou que les voitures brûlent en bas de leurs immeubles, alimentée par les incivilités qui, tout au long de l'année créent un climat propice à l'explosion sociale, si ce n'est aux réflexes d'autodéfense, et nourrissent les discours et les comportements les plus extrémistes. Les 14 juillet et les 31 décembre sont devenus des jours d'angoisse et de crainte pour de nombreux Français, et ces jours de stress sont insupportables ».

Ce courrier aux ministres de l’intérieur et de la justice intervient alors que les syndicats de policiers et de magistrats sont inquiets après l'annonce des économies prévues pour le prochain budget. D’autre part, les collectivités locales qui devront réaliser 13 milliards d'euros d'économies d'ici 2022 auront-elles encore longtemps les moyens de financer les politiques de prévention de la délinquance ?

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