À vélo, le casque devient obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans

À partir de ce 22 mars, conducteurs ou passagers, les enfants de moins de 12 ans devront porter un casque…

À cette occasion la Sécurité Routière lance une campagne de communication pour montrer que le port du casque pour les enfants n’est pas seulement une obligation, mais aussi une nécessité pour leur sécurité.

Les chocs à la tête chez les jeunes enfants peuvent causer des traumatismes plus graves encore que chez les adultes ou adolescents, c’est pourquoi la Sécurité routière tient à alerter les parents sur l’importance du port du casque. Selon l’organisme gouvernemental, le casque diminuerait le risque de blessure sérieuse à la tête de 70%, le risque de blessure mineure de 31% et le risque de blessure au visage de 28%. Une étude récente confirme et quantifie le risque de lésions neurologiques dans la tête d’enfant de 6 ans casquée et non casquée. Le port du casque diminue drastiquement le risque de perte de connaissance : à plus de 10 km/h, il passe de 98% dans le cas d’une tête non casquée à 0,1% pour une tête casquée.

Du côté de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB) et de l'association dijonnaise EVAD, il est préférable de s’attaquer aux causes des accidents en ville que d’en pénaliser la pratique. Le choix de porter ou non un casque, surtout en ville, devant rester libre.

La FUB demande depuis de nombreuses années que deux mesures soient adoptées pour améliorer la sécurité des personnes circulant en ville à vélo :

  • généralisation de la ville à 30 km/h (à l’exception des grands axes pouvant rester à 50 km/h à condition d'être dotés d’aménagements cyclables de qualité)

  • et apprentissage systématique du vélo à l’école avant l’entrée au collège.

Pour la fédération, ces mesures s’attaqueraient aux causes des accidents, alors que le casque ne peut qu’en limiter les conséquences, à condition d'être parfaitement ajusté.

La FUB rappelle par ailleurs que dans les pays européens où la pratique quotidienne du vélo est beaucoup plus répandue (Allemagne, Pays-Bas, Danemark), il n’existe pas de mesure similaire à celle que vient de prendre la France.

Même si elle reste limitée aux moins de 12 ans, le message que sous-entends cette obligation aura inévitablement un effet dissuasif sur l’utilisation du vélo en ville, alors que sa pratique quotidienne donne une solution concrète pour remplir les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé d’une activité physique quotidienne pour prévenir les problèmes de santé liés aux modes de vie actuels et notamment à la pandémie de sédentarité. L’entrée au collège se faisant vers 11 ans, cette dissuasion arrive au mauvais moment dans l’évolution de l’enfant vers son autonomie, et pour son ouverture à une mobilité responsable non polluante précise la fédération.

Pour la FUB, le vélo n’est pas dangereux en soi si on sait en maîtriser les risques. C’est de ne pas en faire qui est dangereux en termes de santé publique, alors que progressent non seulement surpoids et obésité, mais plus généralement toutes les affections longue durée, plombant les comptes de la sécurité sociale.

Ainsi les jeunes ont perdu pas moins de 25% de capacité cardiovasculaire par rapport à leurs prédécesseurs d'il y a à peine 40 ans : une véritable bombe à retardement.

L’urgence est donc de faire marcher et pédaler une génération en addiction aux écrans, qui n’a jamais pris goût à l’activité physique quotidienne indique la fédération avant de conclure :

« Pour permettre l’essor de cette pratique salvatrice pour la santé, la FUB appelle fortement la Sécurité routière et la collectivité nationale à s’attaquer aux causes des accidents à vélo en ville, sans pénaliser sa pratique ».

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